J'en ai fait deux. Je n'avais pas spécialement prévu de faire des savons au lait de soja.

Un jour que je n'avais pas envie de cuisiner, j'ai commandé un plateau repas chez Momonoki (entre 9 et 12 euros, ça vaut vraiment le coup, en particulier pour les gambas-des vraies!!!- panées). Il y avait du riz, du rôti de boeuf au agrumes, des légumes au vinaigre, des épinards(?), du radis rapé et une préparation à base de tofu.

En général je n'aime pas le tofu. Fade. Cette préparation là était délicieuse, mais je n'avais aucune idée du moyen de la reproduire.

Le tofu est devenu fréquentable soudain.

En me promenant sur le blog Justhungry.com, j'ai trouvé un pas à pas pour faire du lait de soja et du tofu à partir de graines. Ni une ni deux, j'ai acheté 500 g de soja chez Tang frères. J'en ai utilisé la moitié pour faire du lait de soja ( 2 litres en tout). Une moitié ( un litre de lait de soja) est devenu un tout petit bout de tofu de moins de 100 grammes, qui est passé dans des boulettes de viande à la sauce aigre douce. C'était bon sans être fabuleux, la sauce était indispensable.

La transformation lait tofu étant assez fastidieuse, je n'avais aucune envie de répéter toutes ces opérations pour un résultat aussi riquiqui. A ce stade là, j'avais un litre de lait de soja à consommer d'urgence, une tasse d'okara ( la partie solide qui reste une fois que l'on a extrait le lait). Mon copain m'a dit: "POurquoi n'en fais-tu pas du savon?"

(Oui il a bien dit ça. Oui, il garde aussi tous les contenants vides qui pourraient servir de moules à savon. Oui il teste les crèmes et les savons, pas les gommages. Oui, une séance d'initiation à la savonnerie aura bientôt lieu. )

Je me suis promenée, comme je le fais cent fois par semaine, sur le site des Potions magiques et merveilleuses et j'ai vu une recette de savon noir où le liquide de dissolution de la potasse était une infusion de vétiver.

Le vétiver j'en ai plein mes tiroirs, chez moi on en met dans l'eau de boisson, dans les encens à brûler, on en fait des vases qui ne servent pas de vases car on les arrose régulièrement pour qu'ils diffusent leurs parfums. Ce ne sont pas des vases, ce sont des îles de fraîcheur ceintes de tiges brunes.

Infusion de vétiver et de camomille dans du lait de soja. Je laisse réduire jusqu'à 300ml environ.

Le premier savon: c'est un tricolore, beige avec des pétales de calendula, rouge paprika, noir charbon.

                                                        

HuileMasse%
Olive 150 30.00
Noyaux de palme 150 30.00
Karité 200 40.00
Total 500  

Lait de soja au vétiver et à la camomille
mélange de citronnelle, lemongrass, petitgrain, lavande.
huile et pétales de calendula, paprika, charbon noir.
12g lactate de sodium, 188ml eau, 62,5 soude.

Et là je me rends compte que j'ai gaffé, parce que mon surgras est de 15% au lieu de 7%. Merci au lactate de sodium sans qui le démoulage aurait été impossible. Il est en affinage ( oui, je préfère affinage à cure) sur l'armoire. Expérience intéressante. Je me suis déjà rendue compte que le calendula marche très bien en macération huileuse dans les savons, l'effet est tout sauf illusoire.

Les photos:

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J'aime beaucoup. Le premier surtout me donne l'impression d'être de l'art plus que de l'utilitaire.

L'autre savon contient 40% de karité et d'huile de noyaux de palme, 20% d'huile d'amandes douces.

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J'avais utilisé du mica pour la couleur rose, il n'en reste rien désormais.



Dans les prochains épisodes:

 

  • Un savon à la banane et au pamplemousse
  • Un savon au pamplemousse
  • Un savon au yaourt, à la levure, à l'amidon (un savon biscuit en fait)
  • Un savon fleur
  • Et des tas d'essais de crèmes.


MàJ:

Le savon aux inclusions est extrêmement doux. La mousse est abondante et très crémeuse. Il n'est pas agressif du tout en dépit du fort pourcentage d'huile de noyaux de palme. La texture est dure et lisse. Il glisse aisément dans les mains, il n'a pas le côté un peu "rêche" de certains savons riches en karité.